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Libreville, Gabon
(Gabonpage) - Rarement un congrès, fut-il celui
du parti au pouvoir, n’aura fait l’objet d’une
telle attention, au niveau de l’opinion
nationale ou internationale, des politiques
gravitant ou non autour du pouvoir central et
des médias, toutes tendances confondues.
Certains analystes
politiques estiment que le congrès est
l’occasion pour les différents courants
politiques du parti de refaire surface alors
qu’ils sont officiellement bannis.
Les « Appelistes » que
l’on dit aux affaires, tout comme les «
Rénovateurs » en perte de vitesse et les «
Réformateurs » sans porte voix, en passant par
les indécis, rêvent de jouer leur partition lors
de cette grande messe. Leur souhait le plus
ardent, obtenir la plus grosse part du gâteau.
Mais les calculs
politiciens des uns et des autres restent
tributaires de la volonté d’un homme. Le
président fondateur du Parti démocratique
gabonais (PDG), Omar Bongo Ondimba. C’est à lui
seul que reviendra le droit d’indiquer le chemin
à suivre, comme il l’a toujours fait.
Les choix qu’il va devoir
opérer dans le positionnement des uns et des
autres resteront déterminants pour la vie du
parti durant les 5 prochaines années. Dans cette
perspective, la désignation du futur secrétaire
général constitue, à n’en point douter,
l’attraction phare de ce rendez-vous.
A ce sujet, nombreux sont
les analystes qui évoquent avec insistance le
départ de l’actuel occupant du Secrétariat
Exécutif du PDG, Simplice Guedet Manzela, en
poste depuis plus d’une décennie. Malgré des
résultats globalement positifs, M. Guedet
Manzela est vu sur un siège éjectable. A ce
sujet, indique les observateurs, la logique
voudrait que l’actuel secrétaire général du PDG,
après avoir presque tout eu et tout donné à
cette formation politique en termes de fortune
et de victoires, passe la main et sorte de cette
affaire la « tête haute ». Problème, dans notre
pays, le départ d’un poste est toujours perçu
comme une sanction et non l’accomplissement
d’une mission.
Guedet Manzela sait qui
pourrait le remplacer au sommet de la pyramide
du Secrétariat Exécutif du parti. L’heureux élu
viendra probablement de la province dont il est
lui même originaire. De Paulette Missambo, dont
on découvre brusquement les racines
altogovéennes, à Guy Nzouba Ndama, dont le crime
est de ne pas être Nzebi,…on a fait le tour.
Pressenti par quelques
plaisantins, Faustin Boukoubi, pour qui Pana
s’était soulevée après son éjection du
gouvernement, est traité de tous les noms
d’oiseaux. Décidément les appétits politiciens
n’ont pas de scrupules…
Au siège du parti, c’est
désormais la guerre ouverte entre les différents
prétendants au poste. A croire que ces assises
seraient réduites exclusivement à ça.
A la lecture des nouveaux
statuts et du règlement intérieur, on devrait
assister à une réduction drastique du nombre de
vice- présidents et de membres du bureau
politique. C’est là que la lutte pour les
placements ferra rage entre les différents clans
au sein du Parti qui, faute d’avoir tiré le gros
lot, vont devoir se contenter de broutilles.
Autres chapitres qui font
la une des conversations et des supputations de
ce Congrès est le renouvellement de l’ensemble
des structures dirigeantes du parti,
particulièrement le fameux Secrétariat Exécutif,
objet de toutes les convoitises, du Bureau
Politique devenue pléthorique, du Conseil
National presque inexistant et du Comité
central, un organe jadis redouté qui n’a plus de
rôle significatif aujourd’hui.
Comme lors des précédents
congrès, les délégués venus des neuf provinces
du pays et de l’étranger doivent se limiter à
inviter leur Président Fondateur à se
repositionner pour 2012 année de la prochaine
présidentielle. C’est quasiment une évidence,
étant donné que la question a déjà fait l’objet
de motions de soutien lors des congrès
provinciaux qui ont précédé la grande
retrouvaille de la Cité de la démocratie.
Pour le reste, la messe est
déjà dite. Pas de chambardement.
Serge Maurice Nzogh Bam |